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Orbites, un court-métrage lumineux qui transcende la non-voyance

Rencontre avec Sarah Seené

 

Un texte de Marie-Jeanne Fontaine

C’est une rencontre intime et lumineuse qu’ont vécu les résidents de la Villa Opale à Lachine le 4 juin dernier. Sarah Seené a dévoilé au père Jean-Paul Guillet son court-métrage Orbites, œuvre gagnante de la toute première bourse au nom du centenaire.

Orbites, c’est d’abord l’histoire d’une rencontre : celle de Sarah Seené et de Marie-Christine, qui vit depuis quelques années sans sa vue. Dans ce film, l’œil de Sarah devient gardien de la mémoire vivante de Marie-Christine, mais également de tout son monde sensoriel et du précieux lien qu’elle tisse avec son fils, Liam, qui partagera probablement la même épreuve un jour. C’est ainsi que par cette œuvre exploratoire et sensorielle, elle devient la passeuse du flambeau de la résilience et de l’espérance.

« J’ai envie d’insuffler des œuvres qui portent de l’espoir »

En la rencontrant, le constat est évident : Sarah porte en elle une lumière. Pourtant son parcours a eu sa part d’ombre, comme elle nous l’a partagé lors d’une petite entrevue accordée quelques minutes avant l’événement. Du milieu défavorisé dont elle est issue, elle n’avait pas accès à ce qu’elle fait aujourd’hui. Mais à travers son « histoire très cabossée », sa « flamme de vie » a surpassé les lacunes de sa famille et de la violence. Cette résilience qu’elle incarne, c’est ce qu’elle veut montrer dans ses projets avec beauté et lumière à travers l’objectif d’un appareil photo argentique. Photographe est d’ailleurs sa première vocation avant d’être cinéaste. Elle ne travaille qu’en pellicule avec des médiums argentiques depuis ses 16 ans. Son rapport à la matière et au sensoriel est le socle de ses images : elle développe à la main en chambre noire et peint même ses pellicules qui font 8 mm ! Une magie s’opère.

Le temps de l’amitié

Sarah a travaillé dans de nombreux projets en collaboration avec des personnes porteuses de handicaps ou de difficultés de santé mentale. Orbites, son sixième court-métrage, est le fruit d’un projet qui se voulait à la base l’exploration photographique d’une cécité visuelle. Mais la rencontre avec Marie-Christine, le protagoniste principal d’Orbites, a bouleversé cela. Non seulement Sarah n’a pu faire autrement que de faire un film, mais les deux femmes sont devenues de proches amies. Et c’est une cocréation, tiens à souligner Sarah ! « Ce n’est pas un film sur elle, c’est un film avec elle ». Orbites, la « réalisation de sa carrière », pose un regard d’une maturité et d’une espérance profonde, sur une réalité qui a pourtant tout d’un drame : perdre la vue. Contrairement à ce qu’on peut croire, les non-voyants peuvent voir des choses. Et c’est à cela que goûtent les spectateurs d’Orbites. Le court-métrage est d’ailleurs accessible aux personnes non-voyantes grâce à une vidéo-description qui a été artistiquement travaillée : « J’essaie de transcender la barrière de l’accès » !

L’argentique est une technique qui demande à la fois une grande expérience et beaucoup de patience. Pas question de « mitrailler » ! Les images sont très soignées. La réalisation de ce court-métrage, qui ne dure pourtant que 23 minutes, a pris plus de trois ans et demi. En effet, dans une journée de tournage, Sarah ne capturait parfois pas plus de deux minutes. Parce qu’un court-métrage filmé à l’argentique demande des ressources impressionnantes ! Pour filmer, elle utilise des pellicule Super 8 qui donnent deux minutes de film et valent plus de 200 $. Ainsi, le souci du détail compte plus que jamais ! Et puis il y a eu le temps de s’apprivoiser avec Marie-Christine, d’entrer dans ce lien qui a donné vie à Orbites et a fait naître une précieuse amitié.

Une bourse qui raisonne                                        

À l’âge de 9 ans, Sarah demande à être baptisée. Elle n’est plus pratiquante, mais quelque chose de la foi et de la spiritualité la rejoint profondément encore : « Ce sont des valeurs qui me rejoignent ! Je me souviens très bien de la phrase sur le babillard dans l’appel à film qui disait que la Fondation cherchait des films porteurs de sens et de valeurs humaines. C’est absolument fondamental et fait partie de mon travail ». « Je suis vraiment honorée de recevoir cette bourse », conclut-elle.

En étroite collaboration avec la Société des Missions-Étrangères, la bourse Jean-Paul Guillet récompense une œuvre dont le rayonnement et l’impact ont suscité l’espérance dans l’univers cinématographique. 

La Fondation tient à souligner la présence à l’événement de son président, de quelques membres du conseil d’administration et de Soeur Lorraine Caza, religieuse de la Congrégation de Notre-Dame et membre honoraire de la Fondation Lucien-Labelle. « Ce court-métrage m’a ouvert un monde », a partagé cette dernière. Sa réflexion rend bien justice à cette œuvre sensible, lumineuse et d’une qualité artistique exceptionnelle.

Pour découvrir Orbites, c’est ici : https://www.sarahseene.com/pages/orbites

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Jean-Paul Guillet, p.m.é. et Sarah Seené lors de la présentation d’Orbites, à la Villa Opale le 4 juin 2026. Photo: Marie-Jeanne-Fontaine

 

La bourse universitaire Lorraine Caza remise à Clara Birchmeyer

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Laval, 20 mai 2026 – Pour cette première édition, la Fondation Lucien-Labelle est heureuse d’annoncer l’attribution de la Bourse Lorraine Caza, au montant de 10 000 $, à Clara Birchmeyer. Son parcours académique et personnel se démarque par sa quête de sens profonde et son désir d'agir concrètement sur la société.

Étudiante au baccalauréat en sciences de la communication de l’Université de Montréal, Clara s’intéresse au rôle des médias dans la transformation sociale et le dialogue interculturel. Elle souhaite mettre ses compétences au service d’une parole porteuse de sens dans l’espace public francophone.

« J'aspire à devenir une communicatrice capable de faire dialoguer la foi, la culture et les médias avec rigueur et discernement », affirme-t-elle.

« Je suis profondément touchée de voir cette belle communauté reconnaître en moi ce « quelque chose » que le Seigneur m’a donné, m’encourageant ainsi à avancer avec confiance et authenticité. »

Mention spéciale à Carole Younan

La qualité exceptionnelle des candidatures reçues pour cette première édition a amené la Fondation Lucien-Labelle à décerner une mention spéciale à Carole Younan, accompagnée d’un soutien financier de 5 000 $.

Doctorante au Centre d’études du religieux contemporain de l’Université de Sherbrooke, Carole consacre ses recherches à la théologie pratique et au numérique. Son projet explore comment la technologie reconfigure la spiritualité contemporaine.

Pour elle, cette reconnaissance représente un appui déterminant : « ce précieux soutien donnera un bel élan à mes recherches sur l'expérience de foi que vivent les contemporains au Québec, lorsqu'ils utilisent une application de prière numérique. »

Elle souhaite ainsi : « offrir à l’Église et à la société des repères concrets pour une santé spirituelle renouvelée à l’ère numérique ».

Un hommage à l'excellence et à l’engagement

La Bourse Lorraine Caza, remise en étroite collaboration avec la Société des Missions-Étrangères, rend hommage au parcours de Sœur Lorraine, pionnière dans l’enseignement et le leadership religieux. Membre de la Congrégation de Notre-Dame, elle a consacré sa vie à l’éducation, à la spiritualité et au dialogue interculturel. Par cette bourse, son héritage continue d’inspirer une nouvelle génération de communicatrices et de communicateurs.

La Fondation salue également l’excellente qualité des dossiers reçus dans le cadre de cette première édition, signe d’une relève prometteuse et profondément engagée.

La première Bourse Jean-Paul Guillet décernée au court métrage Orbites de Sarah Seené

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Laval, le 12 mai 2026 — En ce jour marquant le 101ᵉ anniversaire de naissance de Jean-Paul Guillet, la Fondation Lucien-Labelle est heureuse d’annoncer la première œuvre gagnante de cette bourse d’une valeur de 10 000$ qui récompense une création cinématographique de qualité portant un message puissant, capable de questionner et d’interpeller le public.

« La première bourse Jean-Paul Guillet est remise à Orbites de Sarah Seené, pour ce portrait intime et lumineux où la cécité devient une autre façon de voir le monde. Cette œuvre sensorielle d’une grande maîtrise cinématographique et portée par un message d'espoir profondément humain est le coup de cœur de ce jury, et résonne pleinement avec les valeurs que ce prix cherche à honorer. »

C’est ce qu’exprime le jury composé de M. Martin Bilodeau, directeur général et rédacteur en chef de Mediafilm, M. Francis Denis, vidéaste-documentariste et membre du conseil d’administration de la Fondation Lucien-Labelle et Mme Annabel Loyola, cinéaste et conférencière.

Une reconnaissance du sens et de l’impact

La Bourse Jean-Paul Guillet, remise en étroite collaboration avec la Société des Missions-Étrangères, rend hommage à Jean-Paul Guillet, prêtre des Missions-Étrangères et figure marquante du dialogue entre foi, culture et médias. Passionné du 7ᵉ art, il a notamment dirigé le service missionnaire de l’Organisation catholique internationale du cinéma (OCIC), aujourd’hui SIGNIS, contribuant à la promotion d’un cinéma porteur de sens à l’échelle internationale.

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